28 octobre 2020

Un retour inattendu – version 2

Hier, je vous proposais un texte simple que je voulais décliner en utilisant différents procédés d’écriture. Voici la deuxième version de mon texte. Cette fois-ci, j’ai pris le parti d’utiliser le point de vue interne du pote qui débarque chez Mike. Toujours rien de transcendant à mon humble avis.

L’intérêt de cet exercice est de m’habituer à réécrire mes textes, travail que je remets toujours au lendemain. La fois prochaine, je pense tenter une réécriture avec plus de descriptions (dans le registre horrifique très certainement).

Temps d’écriture : 10 minutes

Un pack de bière à la main, je me rendais chez Mike pour une partie de jeux vidéo. Le quartier semblait paisible à cette heure-ci de l’après-midi. Cette journée d’automne ensoleillée s’annonçait plutôt bien. Je sentais le soleil caresser doucement mon visage mais en arrivant, la quiétude me quitta brusquement.  Baxter, le doberman de Mike, tenait dans sa gueule le chihuahua de la voisine.

Putain de merde, gros con ! Pourvu qu’on ne nous voit pas. Je ne réfléchis pas et entra en trombe chez mon pote, le chien à mes basques.

Quand Mike vit Poupoune – c’était là son ridicule prénom – croqué, déchiqueté, l’œil à moitié sorti de l’orbite, la langue pendante, il fulmina contre son clébard.

—Putain de bordel de merde ! Mais qu’est-ce que t’as foutu Baxter ? Quel con ce chien !

Il chopa la gueule du doberman pour lui faire lâcher prise. Le chihuahua s’éclata sur le sol, démantibulé de toute part. Il  y avait de la terre sur le cadavre du pauvre Poupoune.

Je sentais l’odeur de mort me chatouiller les narines.

— Beurk ça pue mec !

— Ba en même temps, tu croyais quand même pas que ça allait sentir la rose ! Putain, putain ! Je vais dire quoi à ma voisine ?

Je réfléchissais pour trouver une solution. Dans tous les cas, le chihuahua était mort mais pas enterré. La vieille n’allait certainement pas bien le prendre.

— Attends, j’ai peut-être une idée. Et si on le nettoyait et qu’on le déposait à sa porte ? Il a pas l’air si abîmé que ça.

Un coup d’œil rapide sur le cadavre me donna la nausée mais ça allait encore. Le pelage n’était pas trop abîmé. Seul son œil disait merde à l’autre. Et puis, il suffirait de rentrer la langue dans sa gueule.

Mike approuva mon idée. Mais il voulait attendre que la nuit tombe pour déposer Poupoune. Pas con ! En plein jour, on risquait d’être vu par d’autres voisins.

On nettoya le chien avec une lingette. Parfois, quelques morceaux de peau s’y accrochaient. Quand je voulus rentrer sa langue, la gueule du chien était raide. Je forçais un peu et dans un craquement, je réussis tant bien que mal à rentrer la vilaine.

— Et voilà ! Propre comme un sou neuf ! Y’a plus qu’à attendre que la voisine se couche ! on se fait quand même notre partie de Mario ? me lança Mike.

Je ne me fis pas prier. De toute façon, à quoi bon s’apitoyer sur le sort du pauvre Poupoune. C’était un roquet hargneux et grognon.

Après quelques heures à s’enfiler des bières et accumuler des vies, Mike se décida enfin à aller déposer le clébard sur le pas de la porte de sa voisine.

— Tu m’attends là ! J’arrive !

Il prit Poupoune dans ses bras. Drôle d’image que celle d’un cadavre de chien.

Quelques minutes plus tard, il revint, un peu essoufflé par son escapade. Il jette un œil par la fenêtre.

— J’ai sonné à sa porte ! Ah la voilà !

En effet, Madame Pixon était là. Elle regardait dans tous les sens, effrayée. Elle finit par prendre le chien chez elle et rentra.

Un mois plus tard, Mike m’envoya un SMS.

Devine quoi mec ? Je viens  de croiser Madame Pixon. En fait, Baxter a juste déterré son cadavre. Il était mort quelques jours avant et elle l’avait enterré dans son jardin.

Putain… Tout ça pour ça !

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