28 octobre 2020

Ciel, ma bibliothèque !

Consigne sur les fragments autobiographiques ! Une réussite pour moi puisque cet exercice m’a permis de comprendre l’utilité de cette pratique ! Bonne lecture et bienvenue dans mon monde intersidéral !

Fragment 1

Dans cette profondeur abyssale de la nuit, le ciel étoilé semble couvrir les environs de sa noire magnificence. Parée de petites taches blanches et lumineuses, elle semble habillée d’un long manteau brodé de diamants magnifiques. Je me régale de l’exquis moment qui s’offre à moi. Seule, dans le noir, la température est douce et agréable, prolongeant longuement ce moment unique de contemplation. Pas de vent. Une plénitude qui se marie bien avec l’observation céleste des mystères de l’espace. Je m’assois sur la marche de l’escalier menant à mon jardin. Je deviens une chose insignifiante. Je réfléchis à tout ce qui cache derrière cette immensité poétique. Contempler ce ciel si sombre, se poser mille divines questions existentielles. Qu’y-a-t-il derrière cet inatteignable lointain ?  Les tracas sont loin derrière moi, vides de sens. J’aimerais tant flirter avec les charmantes étoiles, communier avec les astres pour leur témoigner toute ma fascination, sympathiser avec les planètes pour découvrir tous leurs secrets. Mes pensées négatives s’accrochent sur la cape de velours aux bijoux effrontés que la lune porte ce soir-là. Cette déesse de la nuit resplendit de toute sa candeur. Mon regard se régale de tant de splendeur.

Fragment 2

La bibliothèque, ce lieu calme et tranquille où le temps suspend son envol. Lorsque je franchis le seuil, je ne ressens plus qu’une envie, celle de tendre l’oreille afin de percevoir toute l’activité qui se déploie dans ce lieu : les conversations entre la bibliothécaire et ses usagers, le livre posé maladroitement par un lecteur qui tombe de l’étagère, le doux bip de la douchette qui enregistre les prêts, le livre posé sur une table, la chaise traînée par le lecteur pour s’installer à une table, les pages qui s’ouvrent et se ferment, le bruit du stylo qui parcourt le papier, le rire des enfants au rez-de-chaussée, occupés à décrire les albums de jeunesse à leurs parents. Toute jeune que j’étais, j’avais déjà fait des livres un refuge à part entière. Au collège, lorsque j’ai acquis une certaine liberté, je me rendais à la bibliothèque tous les mercredis et samedis après-midi pour me réfugier entre les rayonnages où la paix et la tranquillité étaient au rendez-vous. Il est vrai que mon tempérament solitaire et studieux devait certainement y être pour quelque chose. Encore aujourd’hui, dès que j’en ai la possibilité, je me réfugie dans le calme de mon bureau pour lire et écrire. La bibliothécaire était une charmante dame de cinquante ans. Nous avions développé un lien très fort et j’aimais beaucoup l’écouter parler de sa vie. Pendant des années, j’allais et venais dans cette petite bibliothèque de quartier où j’empruntais principalement des romans d’horreur et de science-fiction. C’est ici que j’ai découvert Stephen King, l’auteur qui a occupé une bonne partie de mon adolescence. Je ne me suis jamais vraiment demandé d’où me venait cette attirance pour les livres. Je les aimais donc je passais du temps à les ouvrir, les observer, les sentir, découvrir leurs secrets. C’était d’une telle évidence que mon cursus scolaire a été frappé par le sceau du livre et de la littérature. Je suis donc devenue à mon tour bibliothécaire. Ouvrir un livre, ne pas savoir ce qui nous attend derrière toutes ces pages, découvrir au fil de la lecture des tâches, des marques-pages, des annotations…Je trouve que le livre est un lieu de découverte : on y entrevoit l’histoire d’un auteur mais aussi celle de ses lecteurs.

Fragment 3

Les fragments 1 et 2 paraissent éloignés et pourtant, on y retrouve une notion importante, celle de la solitude. La vue est le principal sens utilisé pour le fragment 1 bien que l’ouïe intervienne aussi dans mon texte. Le silence est aussi un bruit puisqu’il n’est jamais parfait ou total. Dans le fragment 2, j’ai repris toutes les sensations ressenties lorsque je me rends dans une bibliothèque et ces bruits me sont aussi familiers puisque je suis bibliothécaire de métier. Cette attirance pour le calme a toujours fait parti de moi. Il était important de le décrire ou du moins, décrire les sensations que je ressens dans ces moments de recueillement. C’est dans la solitude et le silence que ma plume se délie le plus facilement.

Fragment 4

Lorsque je lui donnai rendez-vous à la Bibliothèque des Étoiles pour lui faire ma demande en mariage, je savais qu’elle ne résisterait pas longtemps, elle qui passa une partie de sa jeunesse dans les rayonnages inter célestes. Je choisis avec soin l’endroit idéal pour lui déclarer ma flamme, prenant le soin de cacher la bague dans un de ses ouvrages préférés. Un silence solennel régnait dans la salle de lecture. On entendait que le froissement des pages qui se tournaient, quelques quintes de toux, parfois des chuchotements. Lorsque Madame La Lune apparut, belle et magnifique dans sa parure élégante sertie de diamants brillants, le silence se fit total, comme si le temps suspendait son envol. Une telle déesse se devait d’être mienne.

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