28 octobre 2020

À 10 ans, je ne verrai plus jamais le soleil !

Écrire une nouvelle à partir d’un fait divers. C’est chose faite ! Bonne lecture ! Quelques difficultés avec les conjugaisons ! Alterner le présent et le passé ! Une brève allergie au Bescherelle….

Source du fait divers : Affaire James Bulger

Je suis ici depuis quelques semaines seulement et ma mère n’est venu qu’une fois. Elle avait beaucoup pleuré ma pauvre maman. Quand elle est partie, j’ai compris qu’elle ne reviendrait jamais. En plus, avec mes deux frères handicapés, je ne suis pas sûr qu’elle aura du temps pour moi.

Dans la pièce où je suis, il y a un lit, un bureau et une chaise bancale. C’est ici que je passe la plupart de mon temps à faire des devoirs. Même dans cet endroit, je dois travailler. Tous les jours, un professeur vient voir mes progrès. C’est la seule visite de la journée car le reste du temps, on m’apporte mon repas et je mange dans ma chambre. Je me demande bien si Robert a la même chose que moi. Je ne l’ai jamais revu depuis la dernière fois.

Il faut dire que le jour du procès, la juge a bien été claire. On ne doit jamais se croiser. Je ne comprends pas pourquoi d’ailleurs car c’est mon meilleur ami.

Au tribunal, c’était bizarre. Des policiers m’ont emmené là bas et il y avait une foule qui criait des gros mots. “Qu’on les tue ces bâtards !” J’ai pas tout compris mais j’imagine qu’ils avaient certainement des raisons de dire ce genre de choses méchantes.

Quand je suis arrivé là bas, il y avait les parents du petit garçon. J’avais tellement honte que je suis passé sans les regarder. J’ai même cru que j’allais pleurer mais je me suis retenu. Dans le box des accusés, oui c’est ainsi qu’ils disent les adultes, j’ai vu Robert. Il n’avait pas le menton qui tremblait contrairement à moi. Il avait même un drôle d’air, du genre “J’ai pas peur moi !”

Puis la juge est arrivée dans sa grande robe. Comme dans les films que je regardais souvent avec mes frères. C’était impressionnant. J’ai regardé Robert qui restait de marbre. On aurait cru voir une statue. Il ne bougeait pas du tout. Ça aussi, ça m’impressionnait car je tremblais comme une feuille morte

-L’audience est ouverte ! avait dit la juge. Elle s’appelait Elizabeth. Elle a été très gentille avec nous, peut-être parce qu’on est des enfants et que les enfants, on doit toujours être gentil avec eux.

Plusieurs personnes m’ont interrogé mais j’avoue que parfois, je ne savais pas quoi répondre. Avec Robert, on avait décidé de ne pas aller à l’école. Du coup, on s’était dit que ce serait une bonne idée d’aller au centre commercial pour voler des choses. On avait fini par piquer de la peinture bleue en bombe, une figurine troll et des piles. Ça ne servait à rien mais c’était pour rigoler. Après, Robert voulait emmener un petit garçon. Je ne savais pas pourquoi mais je m’étais dit pourquoi pas. Ça pourrait être sympa d’avoir un copain en plus. Devant une boucherie, il y en avait un qui avait l’air perdu. Alors on lui a demandé s’il voulait jouer avec nous. Il nous a suivis et il avait l’air content d’être avec nous.

On a marché un long moment. On ne savait pas quoi faire du petit. Alors Robert l’a poussé dans le canal. Il s’était blessé et il n’arrêtait pas de pleurer. Du coup, Robert m’a dit qu’il connaissait un endroit où il n’y avait personne. Le petit avait du sang plein le visage. On a encore marché. Les passants n’arrêtaient pas de nous regarder. Y’a même une dame qui s’était arrêtée pour nous demander si on avait besoin d’aide. Alors Robert a menti. Il a dit que c’était notre petit frère et qu’il s’était blessé. La dame n’a rien dit de plus et elle est partie.

On est arrivé dans une gare abandonnée. Il n’y avait personne. Le petit garçon n’arrêtait pas de pleurer. Je pense qu’il avait peur. Alors on l’a laissé en plan et on est parti. Mais il nous suivait. Je pense qu’il avait peur d’être tout seul ici. Alors Robert, comme ça l’énervait, il a pris une brique par terre et l’a éclaté contre la tête du petit. J’ai pas tout de suite compris mais comme je lui faisais confiance, j’ai pris une barre en fer pour faire pareil. Il n’aurait pas été content sinon.

Robert l’a aussi déshabillé. Il l’a bombardé de peinture bleue. Puis à un moment donné, le petit bougeait plus. Il avait dû s’endormir. J’ai pris les piles et je me suis dit que j’allais recharger ses batteries avec. J’ai tout mis dans sa bouche. Ça n’a pas du tout marché. Je voulais me sauver car je pensais qu’on avait fait une grosse bêtise. On a laissé le petit sur les rails et on est parti.

Je suis rentré à la maison et j’ai regardé un film. Deux jours après, ma mère qui regardait les informations à la télé nous a dit qu’un petit garçon avait été retrouvé coupé en deux par un train. J’ai vu les caméras de surveillance et il y avait Robert et moi avec le petit qui me tenait la main. Heureusement, ma mère ne m’a pas reconnu. En même temps, les images étaient floues. Alors la police s’est mise à chercher des jeunes qui habitaient pas loin du centre commercial. Ils ne sont pas venus tout de suite chez moi.

Alors qu’on se préparait pour aller à l’enterrement du petit, un policier a sonné à la maison. C’est mon frère qui a répondu. Le monsieur a demandé à me voir et il m’a emmené au poste de police. Je savais que ce n’était pas bien et que le garçon était mort à cause de nous. Alors arrivé au commissariat, j’ai dis que c’était Robert et pas moi. Sauf que le monsieur m’a dit que Robert disait le contraire. À force, j’ai craqué. J’ai pleuré. Beaucoup pleuré. Et j’ai tout avoué. J’ai raconté toute l’histoire.

Le jour du procès, ma mère et mon père étaient là mais ils pleuraient tous les deux. Ils devaient avoir honte de moi car ils ne m’ont jamais regardé. En même temps, quand on pleure tout le temps, on ne voit pas trop clair. J’en sais quelque chose.

Pour finir, les grands ne savaient pas vraiment quoi faire de nous. Il paraît qu’on était trop petit pour aller en prison. Donc ils ont décidé qu’on irait dans une sorte de prison mais pour enfant et que jamais, on n’aurait le droit de se revoir, Robert et moi.

Je m’appelle Jon. J’ai dix ans. J’ai tué un petit garçon et je ne verrai plus jamais le soleil de ma vie.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *